
Le 3 juillet 1940 au matin, la flotte anglaise commandée par l’
amiral Sommerville croise au large du port de Mers El-Kébir où est stationnée la flotte française. Elle interdit toute sortie du port pour les bâtiments de la Royale. Le rideau se lève sur
l’opération Catapult.

Dans la matinée, l’amiral Sommerville adresse à l’
amiral Gensoul les trois propositions suivantes:

- soit la flotte française rejoint la flotte britannique dans sa lutte contre les forces de l'Axe,

- soit elle se saborde,

- soit elle gagne les ports britanniques, américains ou antillais afin d'être désarmée.

La réponse française ne tarde pas, l’amiral Gensoul rejette cet ultimatum inacceptable. A 16h57, les canons de la flotte britannique font feu sur les bâtiments français stationnés dans le port. Les navires français au mouillage n’avaient aucune chance de pouvoir faire face à cette attaque préméditée. Ce jour là, pour ceux qui pensaient benoîtement que l’Angleterre représentait un secours pour la France, la prise de conscience est rude.
C’est près de 1300 Français qui vont mourir sous les obus des canons Anglais. Après Dunkerque et avant Dakar, Mers El-Kébir est une illustration terrible de la politique anglaise vis-à-vis de la France: «l’Angleterre n’a pas d’alliés, elle n’a que des intérêts». Le général de brigade à titre temporaire Charles De Gaulle dira à cette occasion : «
je le dis sans ambages, il vaut mieux que les navires aient été détruit». Pour ce «grand» Français, il était normal que les vies de 1300 marins français dont rien ne laissait présager qu’ils se battent un jour au côté de l’Allemagne, soient sacrifiées sur l’autel des intérêts britanniques… Cela en disait déjà long sur son sens de l’intérêt national.

Aujourd’hui rien n’a changé, ces marins bannis définitivement de la mémoire collective française après la Seconde Guerre mondiale, ont été les victimes d’une énième infamie républicaine.

En effet, à l’heure où Jacques Chirac posait une plaque pour rendre hommage aux combattants musulmans morts à Verdun sans dire un mot pour leur chef d’alors le maréchal Pétain, au cimetière marin de Mers El-Kébir, les croix latines gisaient à terre, démolies à coup de masse. La république qui est bonne avec ses enfants, a assuré au frais du contribuable français la «rénovation» ou nous devrions dire la profanation définitive du cimetière marin de Mers El-Kébir en remplaçant les croix latines nominatives par des plaques de béton anonymes.

C’est pourquoi les nationalistes français proclament qu’il n’y a rien à attendre d’un régime qui défend mal les vivants et laisse insulter les morts. Fidèles à leur souvenir, ils savent qu’il faudra rendre un jour les honneurs qui sont dus à ceux qui sont «morts pour la France» à Mers El-Kébir, à Dakar, à Madagascar et en Syrie en voulant rester fidèles au
gouvernement légitime de leur pays.
Cimetière marin de Mers El-Kébir en 1962
Cimetière marin de Mers El-Kébir en 2007