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Début des bombardements sur Dresde - 13 février 1945

Dans la nuit du 13 au 14 février 1945, la ville de Dresde est victime du plus meurtrier bombardement aérien de la deuxième guerre mondiale. Alors que Dresde comptait avant la guerre 630.000 habitants, plus d'un million de civils, de réfugiés et de prisonniers de guerre s'y trouvaient rassemblés début 1945. L'ancienne capitale du royaume de Saxe était surnommée la Florence de l'Elbe en raison de ses richesses artistiques et architecturales. Riche en industries d'armement, elle subit de nombreux bombardements de la part des Anglo-Saxons dès octobre 1944. Cela n'empêche pas de nombreux civils de s'y réfugier, portant sa population de 600.000 habitants au début de la guerre à près d'un million.

Le bombardement du 14 février 1945 survient alors même que ces innombrables réfugiés tentent d'oublier les horreurs de la guerre. En l'espace d'une nuit, 800 bombardiers lâchent en plusieurs vagues 650.000 bombes incendiaires d'un poids total de 7.000 tonnes.

L'attaque détruit plus de la moitié des habitations et le quart des zones industrielles. Une grande partie de la ville est réduite en cendres et avec elle environ 135.000 personnes(selon l'historien britannique David Irving). Beaucoup de victimes disparaissent en fumée sous l'effet d'une température souvent supérieure à 1000°C.



Les raisons du drame

Sir Arthur Harris déclarera plus tard: l'attaque de Dresde fut, à l'époque, considérée comme une nécessité militaire par des personnages plus importants que moi. Ce qui veut dire que l'attaque (opération Thunderclap ou coup de tonnerre) a été préméditée par Churchill.

En détruisant cette ville au prestigieux passé culturel, le Premier ministre a voulu asséner le coup de grâce à l'Allemagne hitlérienne et détruire un centre industriel majeur. Il a voulu aussi détruire un nœud de communication important entre Berlin et Leipzig de façon à briser toute résistance face à l'avancée des troupes soviétiques, alors à 130 km de la ville.

Selon des interprétations, il aurait au contraire souhaité démontré sa force à ses "alliés" soviétiques, dans la perspective de la future guerre froide!

Les 13 et 14 avril 1945, en l'espace de quatorze heures, plus de 1.100 bombardiers alliés se succédèrent en trois vagues d'assaut (773 Lancaster et Halifax de la RAF, 456 B-17 et B-24 de la 8th US Air Force), chargés de 3.500 tonnes de charges de fortes puissances, de bombes incendiaires et au phosphore.

A 22h15, la première vague de bombardiers, 225 Lancaster et Halifax du RAF Bomber Command, déversent sur la ville sans défense des dizaines de milliers de bombes incendiaires et au phosphore, et y mettent le feu. Dresde, qui regorgent de réfugiés fuyant l'avance des Soviétiques, a déjà subi dans le passé deux bombardements, l'un le 7 octobre 1944, le second le 16 janvier 1945. Cependant, ces deux raids n'avaient visé que les banlieues où se trouvaient des usines, et notamment celles qui produisaient des instruments d'optique.

A 1h30, quand la seconde vague de bombardiers, constituée de 528 Lancaster de la RAF, se présenta sur l'objectif, Dresde était déjà devenue un enfer (les flammes étant visibles à plus de 50 kilomètres à la ronde.). Les Britanniques n'en déversèrent pas moins leurs bombes au phosphore et les Grand Slam (bombes à fort pouvoir explosif de 2.000 livres). Le résultat des deux vagues britanniques était atroce: l'effet combiné des bombes incendiaires et au phosphore avaient déjà détruit la vieille ville et son centre historique ainsi que les banlieues, en déchaînant la plus terrifiante tempête de feu de toute la guerre: la chaleur était si forte qui le bitume fondait et brûlait.






Le 14 février à 12h05, 456 bombardiers de la 8th US Air Force se présentèrent sur l'objectif. Bien que cette troisième vague américaine fût totalement inutile (la cité avait déjà cessé d'exister), les B-17 et B-24 n'en larguèrent pas moins leurs cargaisons sur les quartiers d'habitations des périphéries.

L'incendie qui se propagea dans Dresde fut encore plus dévastateur que celui qui avait ravagé Hambourg 19 mois plus tôt. Le feu gagnant en violence, une masse d'air brûlant montante réduisit la population en cendre. Cette masse d'air chaud ascendante donna naissance à des vents de la force d'un ouragan, s'engouffrant dans les habitations et poussant les rescapés vers les incendies. Dresde continua à brûler pendant sept jours. Des milliers d'habitants furent pris au piège dans leur caves et les souterrains, et périrent asphyxiés. Les fonctionnaires allemands furent incapables d'établir un bilan correct des pertes humaines (vu le grand nombre de corps réduits en cendre et carbonisés).

Ce bombardement impitoyable apparaît comme totalement gratuit et criminel, dans la mesure où Dresde ne présentait plus aucun intérêt stratégique, regorgeant de réfugiés et pratiquement sans défense, ce qu'atteste le nombre de bombardiers alliés abattus au cours du raid (8).

Voici le témoignage de l'un des tueurs: d'une altitude de 20 000 pieds, Dresde apparaissait comme une ville où toutes les rues étaient gravées en lignes de feu. Il y avait une mer de feu recouvrant, à mon avis, à peu près 65 kilomètres carrés. On pouvait sentir dans ma carlingue la chaleur qui s'exhalait du brasier. Le ciel avait d'éclatantes teintes écarlates et blanches et la lumière à l'intérieur de l'appareil était celle d'un étrange coucher de soleil d'automne. Nous étions tellement médusés par le spectacle de la terrifiante fournaise que, bien que nous fussions seuls au-dessus de la ville, nous en fîmes le tour pendant de nombreuses minutes avant de reprendre le chemin du retour, subjugués par l'horreur que nous imaginions en dessous. Nous pouvions encore voir la lumière de l'holocauste trente minutes après avoir quitté les lieux de nos crimes.






 


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